On prend (presque) les mêmes et on recommence. A cette variante près : nos filles viennent avec nous ! Et là, je vois déjà les gros titres des journaux du lendemain : "Une famille complète disparait !". Mais je dois être fort. Mes deux filles de deux ans doivent passer un bon moment et je peux assurer que je n'ai rien laissé transparaître de ma peur devant elles.Toujours la même stratégie : un lexo et on vole. Pas de vin rouge cette fois-ci, le vol se déroulant aux aurores... Nous embarquons : les joies d'être une famille nous permettent de passer devant tout le monde. Nous nous installons, ceinture serrée au maximum et là, mystère de l'inconsient ou des non-dits, ma petite Violette tranquillement assise nous sort : "pas peur l'avion !". Je reste sans voix. Les enfants sont de vraies éponges à l'affût de la moindre émotion et, qui sait si une conversation ou non a été surprise, en tout cas, la petite fille se rend bien compte que son papa, sous sa meilleure figure possible, n'est pas à son aise.
Le vol se passera très bien (en lui-même) et presque mieux pour moi (en moi-même). J'ai dû focaliser mon attention sur mes filles pour les occuper et donc rester un peu moins centrer sur mes peurs.
Le retour, après des fêtes de fin d'année et une grosse fatigue de 1er janvier à gérer, sera plus difficile à vivre. Après l'embarquement et les gazou-gazou des hôtesses avec mes filles (les stars forcément, mais je déconseille néanmoins de les emmener dans le cockpit au risque, là, de ne vraiment pas arriver à destination), je n'y suis plus pour personne : collé au fauteuil, je regarde ma femme comme si mes derniers instant étaient arrivés. Pauvre de moi : il faut vraiment que je fasse quelque chose ! C'est décidé !


