vendredi 20 juin 2008

Encore une tentative...

On prend (presque) les mêmes et on recommence. A cette variante près : nos filles viennent avec nous ! Et là, je vois déjà les gros titres des journaux du lendemain : "Une famille complète disparait !". Mais je dois être fort. Mes deux filles de deux ans doivent passer un bon moment et je peux assurer que je n'ai rien laissé transparaître de ma peur devant elles.

Toujours la même stratégie : un lexo et on vole. Pas de vin rouge cette fois-ci, le vol se déroulant aux aurores... Nous embarquons : les joies d'être une famille nous permettent de passer devant tout le monde. Nous nous installons, ceinture serrée au maximum et là, mystère de l'inconsient ou des non-dits, ma petite Violette tranquillement assise nous sort : "pas peur l'avion !". Je reste sans voix. Les enfants sont de vraies éponges à l'affût de la moindre émotion et, qui sait si une conversation ou non a été surprise, en tout cas, la petite fille se rend bien compte que son papa, sous sa meilleure figure possible, n'est pas à son aise.

Le vol se passera très bien (en lui-même) et presque mieux pour moi (en moi-même). J'ai dû focaliser mon attention sur mes filles pour les occuper et donc rester un peu moins centrer sur mes peurs.

Le retour, après des fêtes de fin d'année et une grosse fatigue de 1er janvier à gérer, sera plus difficile à vivre. Après l'embarquement et les gazou-gazou des hôtesses avec mes filles (les stars forcément, mais je déconseille néanmoins de les emmener dans le cockpit au risque, là, de ne vraiment pas arriver à destination), je n'y suis plus pour personne : collé au fauteuil, je regarde ma femme comme si mes derniers instant étaient arrivés. Pauvre de moi : il faut vraiment que je fasse quelque chose ! C'est décidé !

jeudi 19 juin 2008

Deuxième essai...

C'est en 2006 que je dois renouveler l'expérience. En me faisant violence je dois dire : j'avais le choix entre le train et l'avion et j'ai opté pour la seconde solution. L'idée est de soigner le mal par le mal...

Mais les mêmes causes produisent les mêmes effets. Avec une variante, cependant, qui accentue les symptômes : jeune père de deux petites filles de quelques mois, j'ai maintenant le sentiment que je vis mes dernières heures à leur côté. Bien évidemment j'envisage leur avenir sans nous ainsi que leurs cérémonies de mariage (et le petit discours ému sur l'absence de leurs parents) !

L'ami lexo est bien là, plus quelques verres de vins rouges qui devraient faire passer la pilule. Que neni !

L'embarquement est toujours aussi difficile et, accroché que je suis à mon fauteuil, l'heure de vol se déroulera parfaitement. Mais j'arrive épuisé à destination...

Retour terrible : conditions météo venteuses, je me demande une fois de plus pourquoi l'avion a besoin de voler si haut pour effectuer un saut de puce ? J'imagine un instant débarquer dans le cockpit pour en demander les raisons aux pilotes mais il m'est impossible de me lever, heureusement pour eux !

Atterrissage à lyon dans le brouillard et malheureusement pour moi, toujours rien à signaler...

mardi 17 juin 2008

Remonter dans un avion...

C'est en 2002 que je me retrouve confronté à l'avion : un séjour vers les Baléares m'oblige à un bref vol d'environ deux heures pour atteindre le soleil.

72 heures avant l'embarquement la peur ne me quitte plus. Des images de crash. Je me vois constamment à bord d'un avion entrain d'exploser. Je pense à mes funérailles et au discours d'adieu. Un truc de malade ! J'oscille entre raison et déraison : des milliers de vols se produisent chaque jour alors pourquoi le mien, justement, devrait être problématique ? J'essaie de me remémorer les crash dont j'ai entendus parler ces derniers mois. Pas tant que ça finalement. Statistiquement j'ai donc des chances d'être dans le prochain... Waow mais t'es dingue ou bien ??? Et je bataille des heures durant à deux doigts d'annuler mes vacances !

Le vol en lui-même, avec l'aide d'un lexo complet, se déroule accroché à mon fauteuil : je ne suis pas sûr d'avoir lâché une seule fois l'accoudoir. Si on s'écrase, mon siège me retiendra bien...

Vol banal, j'arrive épuisé à destination. Mais il va bien falloir revenir. Alors épargnons-nous les détails de mon cheminement pour le retour : il est le même qu'à l'aller. Le vol, lui, aura presque été ennuyeux... Mais je suis en vie !

dimanche 15 juin 2008

Mais depuis quand j'ai peur en avion ?

C'était aux environs de la fin août 1997 : une brève escapade dans le sud de la France (en provenance des antipodes : Lille !), en un aller via les lignes intérieures Air France et deux sauts de puce Lille-Lyon, Lyon-Nice. Vol sans encombre, deux décollages (je n'aurai pris l'avion que pour les décollages...) et en 2 heures me voilà au grand soleil de la fin de l'été.

Retour selon le même plan de vol, la fleur au fusil j'embarque dans l'avion et comme toujours pas la moindre appréhension. Décollage : les moteurs vrombissent, on lâche les freins ! Collé au fauteuil, l'avion se cabre et prend son envol. Petit survol de la méditerranée et direction plein Nord. Ciel au grand bleu, ascension normale et altitude de croisière presque atteinte.

Soudain...

Une drôle d'appréhension. L'avion semble tomber, mon assise se dérober. L'avion à moitié vide, je cherche mon plus proche voisin du regard, besoin d'être rassuré. Je sens que je deviens blanc, vert bref, je blêmis, je ne comprends pas cette sensation. Le reste du vol se déroulera presque normalement.

Atterrissage à Lyon pour reprendre le vol de Lille. Juste avant d'embarquer annonce : " Vol annulé, le co-pilote s'est cassé le poignet !". C'était le dernier vol de la journée et, comme un drôle de pressentiment. La compagnie nous laisse le choix entre une nuit d'hôtel ou un retour en train. Je saute sur l'occasion et, persuadé que le vol du lendemain se crashera, je prends les rails. Arrivée en bon état le lendemain matin en gare de Lille, je n'apprendrai rien de plus au sujet du vol du lendemain matin...

Alors...

Comment cette drôle d'impression mal interprétée - la sensation de chute intervient après la phase d'ascension lorsque le pilote réduit les gaz - et ce drôle de pressentiment m'ont fait craindre l'idée du moindre vol ? Alors même que j'avais parcouru plusieurs milliers de kilomètres sans encombre, prenant les turbulences pour de joyeuses montagnes russes !

Méconnaissance des différentes phase d'un vol, claustrophobie, crainte de l'accident... Tous ces éléments ont jailli assez violemment et m'ont fait connaître la peur de l'avion !